Arrestation du DG du CEEC PASCAL NYEMBO : COBAYE DE L’ÉTAT DE DROIT ?

ACTUALITÉ Justice

Une épée de Damoclès était déjà suspendue au dessus du directeur général du Centre d’Expertise, d’Évaluation et de Certification des substances minérales précieuses et semi-précieuses, en sigle CEEC. Une interdiction de quitter le territoire national, voire de sortir de la capitale avait même été furtivement émise à son encontre depuis près de deux mois par des services d’immigration. C’est dire que l’homme était déjà dans le collimateur de la justice qui devrait, le cas échéant, avoir disposé de suffisamment de temps pour des enquêtes pré-juridictionnelles requises avant l’instruction proprement dite.

Or, le mercredi 6 janvier dernier, lors de son audition mouvementée au parquet général de la cour d’appel de Kinshasa/Gombe, il n’y avait pas encore grand chose à se mettre sur la dent pour justifier l’émission d’un mandat d’arrêt provisoire à l’encontre de l’incriminé. Alors que le doute persistait encore sur le sort à réserver à un suspect présumé coupable dans la vague de démystification des commensaux de l’ancien régime dont il fait partie, Pascal Nyembo Muyumba avait pourtant bénéficié d’un temps de répit pendant lequel il s’est recroquevillé dans sa voiture pour poster une vidéo sur les réseaux sociaux. À l’entendre parler, son audition n’aurait été qu’une fastidieuse recherche des poux sur son crâne rasé. En effet, un principe universel du droit pénal veut que l’obligation de la preuve incombe à celui qui accuse. Non seulement Pascal Nyembo fustigeait une absence totale de preuves sur tous les soupçons qui pensaient sur lui malgré tout le temps dont le ministère public avait disposé pour mener des enquêtes concluantes, mais aussi il avait surtout regretté que toute son audition ait tourné autour des faits qui ne pouvaient guère relever de sa compétence. Le magistrat Ibula qui conduisait cet interrogatoire musclé avait passé tout son temps à le questionner sur le bien fondé du décret portant création du CEEC ainsi que sur la régularité de l’ordonnance portant nomination des membres du conseil d’administration du CEEC ainsi que ceux de sa direction générale. De l’avis du magistrat instructeur, il y aurait notamment des disparités entre la date de la signature de ces ordonnances qui serait postérieures à leur enregistrement au journal officiel. Toutes choses dont l’intéressé ne pouvait guère endosser la responsabilité.

LE SORT DE NYEMBO DÉJÀ SCELLÉ ?

Tout semble s’être passé comme si quelqu’un en haut lieu avait déjà scellé le sort de Pascal Nyembo depuis les allégations sur son interdiction de quitter Kinshasa. En pareille éventualité, les regards se tournent généralement vers les sécurocrates du cabinet présidentiel accusés souvent à tort d’actionner la chasse aux sorcières. Étant d’origine katangaise et appartenant au PPRD, Pascal Nyembo avait tout d’une victime expiatoire idéale à croquer par les fouineurs improvisés sous le leit motiv de l’état de droit. Cette interprétation des faits a conquis un large pan de l’opinion publique dès lors qu’il a été fait état des réticences du magistrat Ibula qui avait fait part à sa hiérarchie de l’insuffisance des faits pouvant justifier l’arrestation de Pascal Nyembo.

Faut-il rappeler que les couloirs de la Cour d’Appel de Kinshasa/Gombe grouillaient ce 6 janvier d’une kyrielle des fins limiers à l’affût du moindre détail ? C’est tard dans la nuit tombante que l’ordre serait venu du procureur général Bonheur Luntaka, supérieur hiérarchique du magistrat Ibula, qui repercutait des ordres prétendument ‘venus d’en haut » selon lesquelles Pascal Nyembo devrait être placé sous mandat d’arrêt provisoire. Ainsi dit ainsi fait. Mais qui se cache derrière cette tentative d’instrumentalisation de la justice en foulant ostentatoirement aux pieds son indépendance consacrée par la constitution et maintes fois recommandée par le président de la République depuis son entrée en fonction ?

QUI EN VEUT À PASCAL NYEMBO ?

Des apprentis sorciers ont eu ce dernier temps une certaine tendance à vouloir régler des comptes à leurs rivaux sous prétexte de donner l’impression d’appliquer à la lettre le slogan de l’état de droit propre à l’UDPS. S’arrogeant un militantisme judiciaire ringard pour le compte du parti présidentiel, ces individus mal intentionnés s’amusent en réalité à vouer aux gémonies un principe qui tient à cœur le chef de l’État et qu’il a hérité de son illustre père, l’immortel docteur Étienne Tshisekedi wa Mulumba.

Après des longues et méticuleuses enquêtes doctement menées par nos limiers, professionnels en investigation de profondeur, les ennuis judiciaires et sécuritaires de Pascal Nyembo ne seraient que l’œuvre de son plus proche collaborateur, le directeur général adjoint du CEEC Simon Manzonzikila. Ruant sur les brancards et remuant ciel et terre, sieur Manzonzikila aurait trouvé l’atmosphère politique enfin propice pour occuper les rênes du pouvoir en cas d’empêchement par tous les moyens possibles de son titulaire dont il rêvait depuis longtemps de prendre la place. Proche de l’ancien président Joseph Kabila, Pascal Nyembo pouvait donc ainsi facilement être mis au frais grâce à une conspiration rondement financée par son adjoint qui s’est attaché pour y mieux parvenir la complicité de la justice, avec espoir de n’être ni vu ni connu. Quid quid latet apparebit, disaient les latins. C’est mal connaître la clairvoyance de la presse d’investigation congolaise que d’avoir cru béatement qu’elle ne pouvait pas aider la justice à laver son honneur en remontant la filière de cette opprobre dont elle s’est couverte gratuitement. L’état de droit prôné par Fatshi ne doit plus être utilisé par des commanditaires de crimes sans foi ni loi qui profitent de l’indigence et de la naïveté de certains juges pour atteindre leurs fins et en faire porter cyniquement le chapeau aux collaborateurs du chef de l’État qui n’y sont mêlés ni de près ni de loin. Dans tous ses discours, le président de la République Félix Tshisekedi n’a jamais encouragé une quelconque chasse aux sorcières ou aux katangais comme le DGA du CEEC et ses comparses tentent de le faire croire.

Le Prophète

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