Désastreux dépassement budgétaire à la Présidence de la République LE DÉPUTÉ NATIONAL FIDÈLE LIKINDA EXIGE LA MISE EN PLACE D’UNE COMMISSION D’ENQUÊTE PARLEMENTAIRE

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L’honorable Fidèle Likinda, ayant pris part à la plénière du projet de loi de reddition des comptes exercice 2019, regrette la boulimie budgétaire qu’a fait montre la Présidence de la République. Ce, après audition du rapport de la reddition des comptes exercice 2019, présenté par le ministre des Finances Sele Yalaghuli. Fidèle Likinda, à travers une interview accordée à la presse le vendredi 13 novembre, déplore ce manque de patriotisme ayant caractérisé la Présidence de la République. L’élu d’Ikela exige à cet effet, la mise en place d’une commission d’enquête parlementaire.

« Nous, députés nationaux, sommes Autorité budgétaire et avons deux missions : celles de légiférer et de contrôler. Nous allons demandé au bureau de l’Assemblée nationale d’initier une commission d’enquête parlementaire pour voir comment on a dilapidé les fonds du contribuable congolais qui croupit dans la misère. En matière de dépassement budgétaire, aujourd’hui c’est pire qu’avant. Le peuple doit voir comment le pays est géré. Je ne sais pas qu’est-ce qui nous reste encore si on épuise les réserves internationales », s’indigne-t-il.

« La reddition des comptes est une loi de justification des comptes de l’État que le gouvernement ou la République avait géré pendant l’exercice clos. Ceci est ma troisième législature et je vous dis qu’avec mon expérience, la reddition des comptes pour 2019 est scandaleuse. Je vous explique par exemple qu’il y a un problème avec les réserves internationales, qui sont des fonds qu’on préserve au niveau de la Banque centrale pour des questions d’intérêts nationaux », a-t-il renchérit.

Et de poursuivre, « étant député, je vous rappelle qu’à la fin de l’exercice 2018, au départ du président honoraire Joseph Kabila, les réserves internationales étaient plus d’1 milliard de dollars, au regard des documents qui nous ont été remis. Au standard africain, les réserves doivent être capables de supporter 12 semaines d’importations. Aujourd’hui, vous pouvez vérifier, nos réserves internationales qui appartiennent aux contribuables congolais ont été dilapidées. Par qui ? Je comprends pourquoi le régime actuel a fait retarder l’entrée du gouvernement. Le régime a attendu 7 mois, tout en gérant les fonds de la République comme si c’était une petite boutique familiale. Le projet de 100 jours n’a pas été budgétisé. Un régime responsable aurait dû revenir chez les législateurs que nous sommes pour demander une loi rectificative pour insérer ce projet. Toutes les finances engagées dans ce projet était un détournement. »

Pour conclure, « si par exemple à propos de la Présidence, on vous dit qu’il y a eu un dépassement de 307%, et que vous constater que pour le crédit d’investissement en faveur des provinces la consommation est nulle, c’est-à-dire que nous sommes un pays condamné à consommer et non à investir. »

Lors de la plénière de mercredi dernier, le ministre des Finances Sele Yalaghuli était devant les élus nationaux. Il expliquait de quelle manière le gouvernement a collecté et affecté l’argent du Trésor public durant l’exercice 2019. Bien que l’année 2019 a vu les finances être maximisées à l’ordre de 66% des assignations, les députés nationaux dont Fidèle Likinda, ont déploré entre autres le dépassement budgétaire par la Présidence. Et exigent, de toute urgence, une commission d’enquête parlementaire.

*Pius Romain Rolland*

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