Journées portes ouvertes au palais de la nation ENFIN LA TRANSITION BISON-OURS SANS KABILA ?

ACTUALITÉ POLITIQUE

on ne sait vraiment plus quand est-ce que les consultations du palais de la nation débutées tambour battant la semaine passée après une longue attente consécutive au discours à la nation du chef de l’État prendront fin. Le chassé-croisé des forces vives à la présidence de la République tient en haleine l’opinion suspendue aux lèvres des consultés en contre-bas des escaliers qui mènent au bureau du président de la République. Après les audiences leur accordées par le Chef de l’État, les uns et les autres rivalisent d’ardeur face à la presse avec des tournures langagières captivantes reprenant le contenu de leurs entretiens. Seuls Jean Pierre Bemba et Moïse Katumbi, dont le poids politique à la chambre basse du parlement est relativement important, ont plus ou moins avalé leur langue à la sortie alors que leurs audiences avaient battu les records de durée. Dans un entretien téléphonique d’un conseiller spécial du chef de l’État s’exprimant en tshiluba au sujet de la nécessité d’interdire à deux membres FCC du gouvernement de s’envoler pour Lubumbashi, l’on peut entendre ce proche collaborateur du gouvernement exiger de la méfiance vis-à-vis du « mungala » Jean Pierre Bemba et du « katangais » Moïse Katumbi qui auraient tous deux selon ses dires « monnayé leur participation aux concertations nationales en raison de 250.000 dollars à chacun ainsi que des frais de transport par jet privé et des garanties sécuritaires pour leur bref séjour imprévu dans la capitale ». C’est dire à quel point les enchères sont parties à la hausse pour accepter la main tendue de Félix Tshisekedi par ses « amis de Genève » qui n’ont pas gardé que des bons souvenirs sur leurs alliances passées avec l’actuel locataire du palais de la nation. L’on apprend de certaines bouches autorisées que Katumbi et Bemba auraient en sus exigé la nomination des leurs à la cour constitutionnelle le 21 avril prochain conformément à la constitution en lieu et place de deux juges dont la procédure de nomination a fait débat à cause des violations de la constitution qui la caractérisent. Selon cette source, Katumbi aurait suggéré la candidature de Christophe Lutundula pour être nommé à la cour constitutionnelle pendant que Bemba de son côté ne jurerait que par Jacques Ndjoli.

L’IMPOSSIBLE TSK (TRANSITION SANS KABILA)

Nostalgique d’un passé récent quand il battait encore le pavé avec ses copains du rassemblement de l’opposition, Félix Tshisekedi n’a pas fait mystère de son rêve d’un salut de son mandat en demi-teinte grâce à une agglutination autour de sa personne de toutes les forces vives de la nation sur fond d’un anti-kabilisme anachronique. C’est en tout cas ce qu’il appelle « recomposition de la majorité parlementaire pour recadrer l’action gouvernementale ». En clair, toutes les manœuvres dolosives et conspirationnistes semblent mises sans fards à contribution dans un mélange de machiavélisme pourvu que la fin justifierait tous les moyens, y compris les moyens violant la constitution, les lois de la République et le règlement intérieur de la chambre basse du Parlement. Inutile en ces moments de parler de la moralisation de l’action publique au camp présidentiel qui a envoyé balader toutes les valeurs dont ils prétendaient jadis être des dépositaires exhaustifs. Le 21 octobre passé par exemple, au cours de la prestation de serment controversée de 3 juges constitutionnels sous les airs de l’hymne de l’UDPS côtoyant l’hymne national, la minorité de sénateurs et députés présents dans la salle avaient reçu, au vu et au su de tous, 3.500 dollars chacun. Quelque part sur l’avenue du haut commandement des armées dans la commune de la Gombe, le président ad intérim de l’UDPS et ancien vice-président de l’Assemblée nationale aurait posé des valises de dollars américains destinés à soudoyer à tout va les députés qui accepteraient de signer une motion de défiance contre l’actuel bureau de l’Assemblée nationale. Le maître nageur (surnom de Jean Marc Kabund) y négocierait les signatures des députés contre une rondelette somme qui oscillerait entre 7000 et 14000 dollars. Au même moment, une tentative du député Albert Pwela auprès du conseil d’État portée à bout de bras par l’industrie de subornation de l’UDPS en vue de décapiter le bureau de l’Assemblée nationale a d’ores et déjà été rejetée par la plénière de la chambre basse le mardi 10 novembre passé. Même lorsque tout le monde crie haro sur le baudet dénonçant l’instrumentalisation systématique du Conseil d’État par l’UDPS, cette haute cour administrative ne s’est pas empêchée de se vautrer dans le déni du droit positif congolais en convoquant toute honte bue la présidente de l’Assemblée nationale à comparaître le 18 novembre prochain.

L’enjeu de toutes cette agitation est manifestement de faire tomber coûte que coûte l’actuel bureau de l’Assemblée nationale avant la fin de la session budgétaire afin de mieux rouler les mécaniques du fameux « recadrage de l’action gouvernementale ». Le temps serait désormais compté pour les stratèges de la « fatshilie » qui auraient en ligne de mire la fin du mandat de Donald Trump à la maison blanche et l’incertitude quant au maintien ou non à son poste à Kinshasa du vrai metteur en scène que tous pointent sans gêne en la personne de l’actuel ambassadeur américain, le fantasque Mike Hammer.

LE FCC FACE À SES TURPITUDES

Rarement l’on a vu la sérénissime majorité parlementaire largement acquise à Joseph Kabila être bruyamment réquisitionnée par sa hiérarchie. Depuis l’annonce des envies de divorce du camp présidentiel, Joseph Kabila a rencontré deux fois en une semaine les têtes couronnées du FCC pour les sensibiliser sur les enjeux de l’heure avant de les engager à se réunir en ateliers au cours d’une retraite politique tenue du 6 au 8 novembre courant. À demi mot, le président de la République honoraire s’est lui-même excusé du retard pris dans la structuration du FCC, promettant de rendre officielle la coordination du FCC telle que ardemment souhaitée par une précédente retraite politique à Kisantu. Retard, procrastination, pourrissement étaient jusqu’ici les maîtres mots de la méthode Kabila qui s’est toujours comporté en véritable maître des horloges. « Cette approche pouvait encore valoir son pesant d’or lorsqu’il était le seul maître à bord », soutient un chroniqueur politique proche du FCC pour qui « cette manière de dilater le temps comme si un humain pourrait se targuer d’avoir la pleine certitude de tout ce qui advient semble avoir montré ses limites, car en réalité le temps que l’on perd ne se rattrape jamais ». Le cardinal Fridolin Ambongo n’a de cesse de répéter par ailleurs que « le service du peuple ne peut pas attendre ». La vie politique en démocratie est séquencée par des mandats rigoureusement délimités dans le temps qui exigent de la part des acteurs politique non pas tant de la célérité ou de la précipitation, mais à tout le moins de la souplesse.

La sérénité au sein de la famille kabiliste est aussi mise à rude épreuve par une certaine mauvaise gestion des ambitions qui avaient jusque là cours au sein de cette plateforme depuis des lustres. Des « deus ex machina » comme Kayumba Mwanke, Matata Ponyo ou Néhémie Mwilanya se sont souvent accordés le plein pouvoir de distribution des rôles sans tenir compte du poids politique ou de l’apport en industrie des uns et des autres. De leur zone de confort où ils pètent dans la soie, ces bureaucrates ne se sont pas souvent empêchés de tourner en bourrique ceux qui mouillent le plus la chemise au front sur cette arène impitoyable du landerneau politique congolais. « Tout se passe comme si ceux qui prennent le plus de coups dans la défense de notre chef de fil sont condamnés d’avance à être payés en monnaie de singe. Des électrons libres tels que Ruberwa, Thomas Luhaka, Raymond Tshibanda, Alexis Thambwe Mwamba ou encore Pius Mwabilu ont toujours été mieux rétribués que certains généraux bardés de victoires et de cicatrices tels que Lambert Mende, Julien Paluku, Ngoy Kasanji, Évariste Boshab, etc. », confie un jeune du PPRD dernièrement élevé en dignité dans la territoriale. »Il est tout à fait normal que certains caciques désabusés puissent trouver l’occasion de se demander s’ils ne méritent pas mieux par rapport aux loyaux services rendus à la nation », riposte un autre jeune du Palu qui justifiant la réponse favorable de son camp aux concertations nationales du palais de la nation.
Au Parti Lumumbiste Unifié du regretté Antoine Gizenga, le FCC est accusé d’avoir pris fait et cause pour le camp des « putschistes qui ont créé un autre siège du parti à la quatrième rue Limete », selon le même jeune cadre qui confirme la mort dans l’âme que le « FCC est seul responsable de la première scission en téléchargement après 56 ans d’existence causée par ceux qui ont officiellement invité les dissidents à la retraite de Safari Beach au dépens des légalistes. Martin Kabwelulu et Lambert Matuku qui ont par ailleurs été les seuls à avoir signé l’acte d’adhésion du Palu au FCC ont été méprisés par les instances dirigeantes du FCC du début à la fin. La coordination du FCC alignée leur a toujours préféré le ministre Palu des transports Didier Manzenga et Willy Makiashi, le président du groupe parlementaire Palu-CCU », plaide-t-il. Face au rejet systématique de son camp par le FCC, Godefroid Mayobo qui tient les rênes au siège officiel du Palu a conduit une délégation de ce parti auprès du président de la République à qui il semble avoir été obligé à son cops défendant à faire allégeance.

CONCERTATIONS, ET APRÈS ?

Les jours d’après les concertations s’annoncent déjà comme étant un océan de désillusion si l’on en juge par le manque de linéarité téléologique dans l’approche du chef de l’État. Dans son obsession de créer un monstre à mille têtes sans Kabila, Félix Tshisekedi a fait un appel d’air à tous des prévaricateurs assermentés qui sont d’une manière ou d’une autre responsables de la mauvaise gouvernance au pays de Lumumba. Un ancien diplomate congolais à la retraite, convaincu qu’aucun gouvernement d’union national ne peut réussir à rencontrer les aspirations du peuple, assure que « l’Union Sacrée pour la Nation dont rêve Félix Tshisekedi pourrait même à terme devenir du pain béni pour Joseph Kabila dans la mesure où elle ne sera rien d’autre qu’un repère de politicailleurs immunisés contre tout devoir de rédevabilité pour avoir volé au secours d’un président de la République qui se sens en danger. À tout considérer, Félix Tshisekedi est entrain de troquer son costume de chef de l’État plénipotentiaire à la couronne d’un roi fainéant pédalant dans la choucroute au sein d’une hypothétique transition sans Kabila. Je préfère même que Kabila reste isolé pendant un moment pour que les Congolais se rendent finalement compte de la chance qu’ils ont eu de l’avoir au sommet de l’État pendant des moments les plus critiques pour notre existence en tant que nation », a-t-il fait savoir. Quoi qu’il en soit, sous la mouvance ou non de la ‘transition sans Kabila’, l’après consultations présidentielles ressemble d’ores et déjà à un de ces voyages dans le passé dont le pays aurait bien pu se passer.

JBD

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