Spoliation de l’immeuble Ex Plastica : Maffia cousue de fil blanc par Puis Mwabilu et la famille Nyakeru

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Il faut se pincer pour y croire. Des méthodes dignes de la maffia sicilienne reviennent en force dans un gouvernement qui prétend pourtant combattre les antivaleurs. Grâce à un tour de magie digne des exploits de David Copperfield, le ministre d’État, ministre de l’urbanisme, Pius Mwabilu a tout simplement décidé de déshériter l’État congolais en soustrayant l’immeuble Ex Plastica, sise avenue Pumbu numéro police 15, plan cadastral 3904 à Kinshasa/Gombe.

L’affaire commence dès le mois d’octobre, lorsque le sulfureux ministre des droits humains, André Lite, soucieux de se rapprocher par tous les moyens du couple présidentiel, approche son aîné du FCC Pius Mwabilu avec un montage grossier destiné à faire des yeux doux à la première dame, dont il aurait eu vent dans le sillage du controversé directeur de cabinet du Chef de l’État Vital Kamerhe, de l’ardent désir de disposer d’une propriété dans le quartier des riches à Gombe. Opportuniste, André Lite entre alors en contact avec des petites nièces de maman Mobutu et les présente à Pius Mwabwilu comme caution d’une succession imaginaire de maman Mobutu à qui reviendrait l’immeuble susvisé qui leur serait restitué avant d’établir un acte de vente en bonne et due forme au profit de la famille Nyakeru. John Nyakeru, le grand frère de la première dame qui est en même temps directeur du protocole à la présidence de la République fut alors chargé par son illustre sœur de suivre le dossier jusqu’à son épilogue.

Le 15 janvier 2020, Pius Mwabilu circonvenu par un André Lite envahissant va céder à la pression et écrire à la nommée Mobutu Yemo Kosso Ndagbia résident en Belgique, en réaction à sa lettre du 7 novembre 2019, l’informant le plus facilement du monde que l’immeuble ex Plastica ne faisait plus partie du domaine privé de l’État géré par le ministère de l’urbanisme et habitat, et que son ministère prendrait sans pince ni rires des dispositions nécessaires pour que cet immeuble ne figure plus dans l’arrêté ministériel répertoriant les immeubles de l’État dans la commune de la Gombe. Ce qui implique que la petite nièce de maman Mobutu pouvait désormais jouir de ce bien immobilier devenu miraculeusement le sien en vue d’atterrir dans le patrimoine de la première dame. Or, aucun crime n’étant parfait, le titre foncier dont se prévaut dame Yemo est malheureusement un faux certificat d’enregistrement datant de 2006, soit neuf ans après l' »égire » du Président Mobutu et toute sa famille.

Spécialiste du coulage des fonds publics et de la spoliation des biens de l’État, Vital Kamerhe sera rattrapé par le scandale du procès dit des 100 jours, sans que la procédure de libéralité au profit de sa « cousine » Denise Nyakeru ne soit arrivée à son terme.

En effet, un autre obstacle de taille s’était érigé sur le chemin des maffieux. L’immeuble ex Plastica abritait des services de la présidence de la République et quelques trois locataires privés. Si pour les locataires le ministre Mwabilu avait renoncé au loyer en les préavisant, il fallait un autre acte administratif pour déloger les services du cabinet du chef de l’État. Selon nos fins limiers qui ont réussi à avoir tous les documents relatifs à cette entourloupe nauséabonde, la première dame aurait fait part de son impatience au directeur de cabinet ad intérim du président de la République, le sommant de trouver rapidement une solution. Précautionneux, le professeur Eberande Kolongele conseillera à la première dame de l’aider à sauver la forme pour ne pas avoir à faire l’objet des poursuites ultérieures comme le tristement célèbre Vital Kamerhe.

Aussi le renard de surface André Lite, ministre des droits humains, sera-t-il de nouveau réquisitionné pour parachever son œuvre. L’homme contactera de nouveau son complice Pius Mwabilu avec un draft préconçu d’une lettre où le ministre de l’urbanisme et habitat prie le directeur de cabinet de retirer les services de la présidence avant la fin de l’année en cours. Le 08 mai 2020, Pius Mwabwilu signe le courrier et l’envoie au directeur de cabinet Eberande qui peut finalement assouvir la boulimie de la première dame sans états d’âme.

Ce scandale, un de plus dans l’espace présidentiel, prouve à suffisance que la plupart de nos dirigeants profitent de leurs mandats publics pour s’adonner à une course effrénée à l’enrichissement facile. Étant donné que toutes les preuves de de cette gabegie viennent d’être rendues publiques, l’opinion attend que la justice restitue l’État congolais dans ses droits en attendant qu’à la rentrée parlementaire de septembre, une question orale soit adressée au ministre de l’urbanisme et habitat afin de tirer toutes les conséquences de la prévarication dont il s’est rendu coupable.

D’ores et déjà, il est inutile de compter sur des associations de défense des droits de l’homme comme ACAJ ou la VSV dont les présidents Georges Kapiamba et Jean Claude Katende sont des membres connus du parti présidentiel. Les mouvements citoyens Lucha et Filimbi ont de leur côté promis de palier à la carence en mobilisant de toutes leurs forces l’opinion publique contre un énième scandale mettant directement en cause le couple présidentiel sur qui les congolais devraient normalement compter pour des raisons d’exemplarité. Ô tempora, ô mores !

BBM

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