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Supposée arrestation en Zambie par Interpol, dossier passeport biométrique… : Paul Lokende rétablit la vérité

L’homme d’affaires Paul Lokende a été la cible de toutes les critiques. Ses détracteurs l’ont traîné dans la boue, l’accusant d’avoir fui le pays en détournant de l’argent. D’autres ont même affirmé qu’il a été arrêté en Zambie par Interpol en possession d’armes et de la drogue. Son nom a été aussi cité dans le dossier de passeport biométrique dont il serait à la base du prix très élevé. La Presse Libre, média d’informations en ligne, a rencontré l’homme à Dubai où il vit. Paul Lokende a, dans un entretien à bâtons rompus, donné sa version des faits par rapport à tout ce dont on l’accuse. La Presse Libre publie intégralement sa version.

Presse Libre : Monsieur Paul Lokende, vous êtes un opérateur économique Rd congolais. Une rumeur circule selon laquelle on vous aurait arrêté avec des armes et de la drogue. Pouvez-vous nous éclairer sur cette question ?

Paul Lokende : J’ai répondu à cette question, beaucoup de gens dont des amis m’ont contacté de par le monde. Si vous constatez déjà sur ce document, la signature même de la personne n’est pas très authentique, ça montre clairement que le document était falsifié et la preuve est qu’avec l’aide de la police zambienne, nous avons pu mettre la main sur les trois jeunes hommes qui étaient derrière ce document. Ils ont avoué, ils ont présenté les preuves. Vous pouvez voir même les journaux zambiens ont publié les résultats de la police. La réalité est que je suis là, je n’ai jamais été arrêté par Interpol. Tout cela était le résultat d’un jaloux comme je l’ai toujours dit.

Presse Libre : Est-ce que ces jaloux peuvent falsifier les documents d’Interpol ?

Paul Lokende : Oui, l’Interpol est saisi, vous pouvez le contacter et la police zambienne, vous verrez que le document était signé par Stella Libongani. Chef de la diplomatie Zambienne en Namibie depuis 2015. Donc il n’est pas responsable de la police en Zambie, l’Inspecteur général de la police est Kakoma.

Presse Libre : On peut donc justement classer cette information comme une rumeur ?

Paul Lokende : effectivement ! C’est une rumeur et je pense qu’il y avait quelqu’un qui était derrière, nous l’avons découvert par les témoignages et les preuves que j’ai avec moi, sauf que je n’ai pas voulu me mêler pour citer les noms des personnes et laisser la justice zambienne faire leur travail.

Presse Libre : On vous accuse également d’être impliqué dans le dossier des passeports biométriques en RDC… Si aujourd’hui ce passeport est le plus cher du monde, c’est parce que Mr Paul Lokende n’avait pas bien négocié le contrat avec le gouvernement congolais, qu’en est-il au juste ?

Paul Lokende : Je pense que les gens doivent quitter le monde des rumeurs, surtout être honnête et aussi creuser dans ce dossier. Pour commencer, l’origine du dossier c’était le fichier général de la population, qui est un dossier qui concerne la sécurité du pays où on parlait de la carte d’identité, la carte de séjour étranger ainsi que le passeport. Le passeport n’est pas seulement un document de voyage comme nous le pensons mais aussi un document de sécurité. Je donne un exemple. Si aujourd’hui les terroristes utilisaient les passeports congolais pour aller faire un coup ailleurs à l’étranger, ce passeport va perdre son image. Donc c’est quelque chose qui est de l’intérêt général des Congolais et aussi de la sécurité du pays. Si vous regardez dans les lois de la République, vous verrez que tous les marchés en rapport avec la sécurité sont les marchés qu’on appelle des marchés spéciaux, ce sont les marchés qui ne passent pas par appel d’offre, ce que la loi dit clairement. On dit qu’on a mal négocié le contrat, laissez-moi vous parler de l’historique. Ce contrat a été signé en 2012 entre la RDC et la société chinoise Huawei qui avait gagné le marché par appel d’offre. C’était un marché légal qu’ils ont gagné mais il y a un problème qui s’est posé. Il fallait un budget d’au moins 498 millions US pour réaliser ce projet. Et ça les Congolais ignorent, ils parlent seulement. Imaginez que la RDC devait investir 5 pourcents de ce montant qui était 20 millions et quelques dollars et la RDC n’en avait pas. Et depuis 2012 jusqu’à 2014 quand nous sommes entré en scène pour négocier ce contrat, la RDC n’avait pas toujours les moyens et Huawai n’avait pas pu aussi faciliter la RDC de lever les fonds. Ils avaient fait un bon plan mais il y avait des réalités pour que la RDC arrive à décrocher ce financement d’Exim Bank de la Chine. Raison pour laquelle l’ONIP s’était trouvé dans la difficulté et ne pouvait pas lancer ce projet. C’était en deux parties, il y avait le passeport et les visas, et de l’autre côté il y avait la carte d’identité et la carte de séjour pour étranger. Et rien ne marchait. Il fallait trouver un modèle de financement favorable au pays. C’est comme cela qu’on a réuni les entreprises et structuré le deal pour que ça soit en mode BOP (Bill operate and transfert). Dans ce cas l’Etat congolais n’allais pas s’engager financièrement. D’abord avec 498 millions, il y avait un intérêt annuel de 3 pourcents sur 25 ans ; avec 5 ans en plus de période de grâce. Si vous mettez cela ensemble, combien la RDC allait frustrer le Trésor public. Avec ce modèle quand on a sélectionné les entreprises, le critère était que l’entreprise qui allait accepter de prendre le risque pour financer ce projet sans que l’Etat ne s’engage financièrement, c’est l’entreprise qui allait gagner le marché. Et quand nous avons discuté avec les entreprises, il y a eu l’entreprise Semlex qui était pragmatique et rapide dans la prise de décision par rapport à leur structure d’entreprise. C’est comme ça que Semlex a pu gagner ce marché. Si vous regardez ce deal, entre un prêt de 3 pourcents l’an sur 25 ans de 498 millions, pour avoir une entreprise qui vient avec le paquet qui finance tout le projet, et que le pays en bénéficie, sans qu’il puisse s’engager financièrement, je pense que clairement, le deal financier qui était convenable pour le pays c’était ce mode de financement BOT. Il faut être honnête, on ne doit pas haïr le pays jusqu’à ce point de dire qu’un financement de 498 millions sur 25 ans par rapport à un financement qui ne coûtait rien à la République était un mauvais deal, je pense qu’il faut trouver un autre argument.

Presse Libre : Qu’est ce qui justifie le prix surélevé du passeport congolais?

Paul Lokende : C’est ce que je dois vous expliquer, parce que jusque là on n’a pas donné les réponses qu’il faut à cette question. Quand ce projet a été initié, nous avions mis ensemble tout le projet, c’est-à-dire la carte d’identité, le passeport. Semlex devait financer tout le projet ensemble. Vous devez savoir qu’il y avait 45 millions de cartes d’identité qu’il fallait émettre et combien allait coûter la carte d’identité ? La personne qui vit au fin fond du village pour qu’elle circule a besoin de la carte d’identité. Elle doit être identifiée, être dans le fichier général de la population. Et cette personne là n’a pas l’argent. C’est comme cela que nous avions réfléchi, qu’il fallait que le prix du passeport soit un peu plus élevé pour créer un fonds et ce fonds là allait permettre à la société Semlex de financer le projet de la carte d’identité et qu’on pouvait remettre gratuitement la carte d’identité à la population. C’était ça le début du projet. Aujourd’hui nous autres nous sommes loin du projet. Le projet a changé de structure, on ne le contrôle plus, on ne peut pas répondre à la suite. Mais justifier le prix de 185 $ c’était sur base de cette théorie.

C. Ngalula

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