RETRAITE CANONIQUE DE Mgr. NICOLAS DJOMO, ÉVÊQUE DU DIOCÈSE DE TSHUMBE ( Tribune/Albert Difumba )

Bilan de 22 ans d’un épiscopat controversé
Après avoir servi la Sainte Église Catholique comme
évêque de la juridiction épiscopale de Tshumbe depuis 1997, Mgr Nicolas Djomo Lola vient d’atteindre ses soixante quinze ans, âge canonique de la retraite. Les us et coutumes cléricales prévoient dans ce cas que le prélat à cet âge envoie sa lettre de démission au Saint Père afin de Lui permettre de le remplacer dans un délai à sa convenance. Certains aînés de Mgr. Djomo, comme le Cardinal Laurent Monsengwo, ancien Archevêque de Kinshasa, ou Mgr. Gérard Mulumba, évêque de Luebo,
ont vu leur bail prolongé de quelques années après l’âge de la retraite canonique et ont quitté leurs fonctions plus qu’octogénaires.
L’empressement de l’évêque de Tshumbe, l’un des trois
diocèses couvrant la province du Sankuru, terre natale de Patrice Lumumba, à annoncer avec faste sa retraite canonique au cours d’une célébration épiscopale aux
allures d’adieu en a intrigué plus d’un. De deux choses
l’une : soit que son départ était déjà acté par le Vatican qui, pour ne pas dramatiser sa sortie, a préféré mettre fin à ses fonctions dès ses 75 ans d’âge, soit que l’intéressé serait lui-même pressé de quitter son poste pour vivre une retraite dorée qu’une certaine opinion l’accuse, à tort ou à raison, d’avoir soigneusement préparée aux dépens du diocèse qu’il a dirigé sans partage pendant les 22 dernières années. Dans un cas comme dans un autre, l’avis de la plupart des membres du clergé de Tshumbe est qu’il est à ce jour quasiment
impossible pour un humain d’administrer correctement
cette juridiction épiscopale qui n’a de diocèse que le nom tant la démarcation entre le sacré et le profane y a été constamment foulée aux pieds. Au moment où l’Église catholique universelle se trouve secouée par des scandales comme ceux de la pédophilie
de certains prêtres, on a tort de faire l’impasse sur l’assassinat de la foi catholique en Afrique du fait d’un
certain nombre de prélats davantage attirés par les mondanités que par l’Evangile. « Monseigneur Djomo
est sans aucun doute le prototype parfait de ces évêques
qui auront réussi à déraciner en un temps record plus
d’un siècle d’évangélisation chez nous », martèle un prêtre du diocèse de Tshumbe ‘’exilé’’ dans un pays européen depuis quelques années. On est tenté de le croire en faisant le bilan du mandat apostolique de ce
deuxième évêque autochtone de Tshumbe. Il est certes toujours de bon ton, en dépit de l’imperfection humaine, de rappeler en pareille circonstance, les aspects positifs de ce bilan qui n’en manquent pas comme le centre d’accueil Emmaüs de la localité de Tshumbe qui a concentré l’essentiel de ses états de
service. On retiendra aussi la construction d’une église à Lodja, grâce à des fonds mis à sa disposition à cette fin par des bienfaiteurs italiens grâce à l’entregent d’un prêtre-architecte italien, le révérend père Tiziano. Mais on est bien obligé de nuancer : l’édifice est demeuré inachevé, le financement italien ayant été détourné en grande partie par Mgr. Djomo. Furieux, le père Tiziano
avait exprimé publiquement son dépit à l’évêque qui l’a déclaré indésirable dans ‘’son’’ diocèse de Tshumbe
avant de le livrer aux services congolais de l’immigration qui l’expulsèrent du pays. Une autre église, érigée à Wembonyama, près du village natal du Héros national Patrice-Emery Lumumba, s’avéra tellement mal construite que la toiture fut emportée par la première pluie. C’est à l’intervention d’un groupe de fidèles américains sollicités à cette fin que l’on doit la
reconstruction de l’immeuble. Pour le reste, l’ensemble du patrimoine immobilier du diocèse a subi des dégradations dues à l’usure du temps au point de se retrouver actuellement dans un état de
délabrement indescriptible. Encore prêtre (Abbé), Nicolas Djomo avait été pris en affection par son prédécesseur, l’ancien évêque du diocèse de Tshumbe, feu Mgr. Albert Yungu avant de lancer contre lui une vaste campagne de diabolisation dans laquelle il entraîna d’autres membres du clergé.
Cette campagne ignoble et injustifiée ourdie par son fils spirituel ingrat a contribué à la détérioration de la santé
de Mgr. Yungu, premier évêque congolais du diocèse qui est décédé peu après dans le dénuement le plus total.
Par la suite, se sachant ‘’épiscopable’’, l’alors abbé Djomo s’était activement impliqué dans la disqualification de ses rivaux, notamment les abbés
Adalbert Nyeme, professeur et ancien recteur de
l’Université du Kasayi puis de l’Université de Tshumbe et Louis Djemba. Les deux sont morts dans des
circonstances assez troubles et jamais élucidées après
avoir été les cibles du soft lynchage dans lequel excellait leur collègue Nicolas. Ces tristes épisodes ont valu à
Mgr. Djomo le surnom de Borgia…
On ne se prive pas par ailleurs d’évoquer mezza voce sa cohabitation « matrimoniale » avec une dame logée, nourrie et entretenue en France depuis l’époque où il y
séjournait comme étudiant. Virtuose de la division, de la malversation et de la manipulation des consciences, Mgr. Djomo est réputé pour sa tendance à susciter des oppositions entre tous
ceux qui relèvent de son autorité. Dans le diocèse de
Tshumbe, il y a les ‘’prêtres acquis à Monseigneur’’ et les
autres. Parmi les religieuses, on connaît ses préférées et …

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