Renouvellement du CSAC : Félix Tshisekedi interpellé !

ACTUALITÉ National

En juillet 2017, la présidence de la République a écrit aux différentes structures intervenant dans la désignation de 15 délégués membres du Conseil Supérieur de l’Audiovisuel et de la communication pour leur demander de lui faire parvenir les noms de nouveaux délégués, les anciens étant arrivés fin mandant depuis 2015.
Sans tarder, les différentes structures en l’occurrence l’Assemblée Nationale, l’UNPC, la Magistrature, l’ANAPECO… ont, le même mois de juillet, transmis les noms de leurs délégués qui, malheureusement, attendent jusqu’à ce jour, près de trois ans après, l’ordonnance présidentielle qui entérine leur désignation afin d’entrer en fonction.
L’équipe sortante est donc là depuis 9 ans soit un dépassement de 5 ans, le mandat constitutionnel étant de 4 ans une fois renouvelable. Une situation qui viole la constitution mais que la présidence de la République tolère pour des intérêts partisans inavoués.
Au cours d’une sortie médiatique le week-end dernier, le Prof Symphorien Kitenge enseignant des sciences politiques à l’université de Lubumbashi s’est interrogé : « comment est-il possible que l’actuel président de la République, son Directeur de cabinet et leur entourage immédiat connus pour avoir combattu le glissement des mandats constitutionnels laissent- ils perdurer cette situation au CSAC ? y-a-t-il un gain caché qu’ils tirent de cet état de chose » ? Et d’ajouter « lorsqu’on est connu comme redresseur des torts et qu’on laisse se développer des torts facilement corrigibles, les doutes s’installent dans les esprits de gens ».
Situation actuelle au CSAC
Le Conseil Supérieur de l’Audiovisuel et de la Communication (CSAC) est une institution d’appui à la démocratie très stratégique au regard de ses missions constitutionnelles, tels que consacrées dans la constitution du 18 février, Titre V et développées par la loi organique qui crée cette institution.
Il s’observe malheureusement que ces missions, toutes aussi importantes dans la consolidation du processus démocratique dans notre pays, ne sont pas remplies depuis 2015 en raison de la situation qui se vit au CSAC, où les haut-conseillers n’arrivent plus à siéger faute de quorum, certains n’ayant plus le cœur à l’ouvrage pour n’avoir pas été reconduits pour un second mandat par leurs pairs.
En effet, sur les 15 délégués, 3 sont décédés, 3 sont frappés d’incapacité du fait d’une maladie grave, 2 autres ont dépassé l’âge légal requit pour siéger comme haut-conseiller de la République membre du CSAC. Sur les 7 qui restent, 3 n’ont pas été reconduits par leurs structures pour un deuxième mandat, ce qui fait qu’ils n’ont plus le cœur à l’ouvrage sachant que leurs remplaçants sont connus et n’attendent que l’ordonnance présidentielle entérinant leur désignation.
Pourtant, malgré cette cacophonie, tous ces gens, même les morts, perçoivent chacun des émoluments, des frais de fonctionnement (qui ne servent pas à faire fonctionner l’institution car les bureaux sont toujours fermés) les salaires pour le personnel et bien d’autres avantages.
L’état actuel de dysfonctionnement du CSAC justifie notamment l’anarchie qui a élu domicile dans le secteur des médias, particulièrement les médias en ligne et dans les autres aspectes des Nouvelles Technologies de l’Information et de la Communication en RDC sans oublier les réseaux sociaux. Il est temps que soit normalisée cette situation en procédant à l’installation de nouveaux délégués qui attendent depuis des années l’entérinement de leur désignation par Monsieur le président de la République dont le sens de justice, droiture et équité n’est plus à démontrer. « Laisser perdurer la situation, conclu le Prof Symphorien Kitenge, revient à dépouiller la démocratie de toute sa substance. Car, Le respect de la durée des mandats constitutionnels est l’une des exigences fondamentales de la démocratie. Si une institution d’appui à la démocratie devient championne en dépassement de mandat constitutionnel, elle assassine la démocratie qu’elle est pourtant censée appuyer ».

C. Ngalula

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