Patrick Nkanga : « On ne vient pas en politique que pour les postes, mais pour matérialiser les idéaux auxquels on croît dans l’intérêt du peuple et de la Nation »

POLITIQUE

Rapporteur au Bureau politique du Parti du Peuple pour la Reconstruction et la Démocratie (PPRD), Patrick Nkanga accepte de nous accorder une interview en plein centre-ville de Kinshasa, la veille même des pourparlers tendues autour du gouvernement de coalition entre Félix Tshisekedi et Joseph Kabila.

Il est l’un des jeunes pousses du parti de Joseph Kabila. Patrick Nkanga est également l’un des jeunes qui ne fait pas de fixation sur le prochain gouvernement. “ On ne vient pas en politique que pour les postes, mais pour matérialiser les idéaux auxquels on croît dans l intérêt du Peuple et de la Nation“, dit-il.

Assis à la terrasse du Kin Plazza Mall, entre deux coups de fil, il se confie à POLITICO.CD. L’épdémie d’Ebola dans l’Est du pays, la formation du gouvernement, les attaques à Beni, Nkanga réponds à toutes les questions.

Alors que l’ancien président Joseph Kabila, autorité morale et président de votre parti le PPRD a été largement dénoncé, le président Félix Tshisekedi fait face à la même situation. Patrick Nkanga, la crise sécuritaire dans l’Est du pays est-elle insoluble?

Il y a eu une mauvaise appréciation des problèmes. Parce qu’on a lié les problèmes aux personnes, au président Kabila. C’est à cause de lui qu’il y a des problèmes à l’Est du pays, c’est à cause de lui qu’il y a telle ou telle situation… Et cette appréhension n’était pas juste. Parce que les problèmes sont liés à la nature de notre société, à notre environnement, à notre position géopolitique et géostratégique. Et les problèmes ne sont pas d’ordre individualiste. Aujourd’hui, le président Félix Tshisekedi qui dirige notre pays va rencontrer certains problèmes et lorsqu’il aura fini son mandat, ou ses mandats, tout dépendra des prochaines élections… il laissera certains problèmes; parce qu’il en va de la nature de l’homme que les chose se fassent ainsi. Même aux Etats-Unis, Bill Clinton qui a laissé créé près de 4 millions d’emplois, il a laissé d’autres problèmes, y compris Barack Obama. On ne peut pas rendre ces problèmes la subjectifs, ce sont des problèmes endogènes. Et pour trouver des solution, nous devons les rechercher au niveau de notre société, et non les incomber à certaines personnes.

Aujourd’hui on parle de “terrorisme”. Les attaques sont de plus en plus violentes, comment résoudre ce problème?

Le djihadisme [en RDC] ne date par d’aujourd’hui. A l’époque déjà, nous vous disions que c’était du terrorisme, mais plusieurs ont méconnu cela, parce qu’il fallait absolument détériorer l’image du président Joseph Kabila. Il fallait absolument dire que c’était une imagination, que c’était une affabulation, or le mal était là;

Aujourd’hui, il y a un peu plus de bonne foi, et les gens constatent que ce sont des terroristes.

Le problème de Beni ne va pas se résoudre seulement au niveau de la coalition FCC-CACH; chaque citoyen doit jouer son rôle. A Beni, les efforts structurels, au niveau de l’armée, au niveau des renseignements, au niveau de la diplomatie… tous ces efforts sont faits. Mais il faut aussi que la population, que nous autres citoyens tant ici à Kinshasa qu’à l’Est du pays puissions participé pour résoudre ce problème sérieux à l’Est de notre pays. Il n’en va pas que de la responsabilité unique ou exclusive du gouvernement.

Que doit-on réellement faire?

Il faut que nous travaillions à ce que nous ayons une conscience nationale. Le mal qui touche celui qui est Mbandaka doit concerner le Congolais qui est à Kolwezi. Les souffrances que traversent nos frères de Beni, Goma ou ailleurs doivent préoccuper nos frères qui vivent à Kinshasa. La Presse, la Société civile, les ONG, les Politiques… nous devrions tous travailler pour qu’il y ait une conscience nationale, à savoir que nous sommes une nation, et que lorsqu’une partie de notre patrie est touchée, c’est nous tous qui sommes en difficultés.

Mais en même temps, on forme à Kinshasa, un gouvernement de 65 membres. Ne va-t-on pas dans le mauvais sens?

Les besoins de stabilité valent plus que les besoins d’esthétique. Il y a certes des sacrifices à faire, il faut certes éviter de dilapider l’argent public dans la prise en charge des institutions, Certains nous comparent à la France. Mais dans l’Hexagone, on peut se passer du gouvernement pendant plus d’une année parce que l’Adminsitration est forte, les automatismes existent en les différentes institutions et services publics; ce qui n’est pas le cas chez nous. Dans notre pays, l’Administration Publique n’a pas encore le même niveau d’automatisme que celle de la Belgique ou celle des Etats-Unis, il faut tenir compte de cette réalité. Nous avons, au Congo, besoin d’un gouvernement qui nous permet de garder la stabilité et de combler les lacunes de notre administration. Certes, nous devons travailler pour que nous ayons des institutions fortes et autonomes, une administration forte. C’est pour cela que nous devons travailler sur des reformes structurelles.

Le plus important c’est d’avoir des ministres qui travaillent réellement pour les intérêts du Peuple, des ministres qui sont des vrais serviteurs de l’Etat, et qui vont mettre en place des vraies réformes. Après, bien évidemment, nous pourrions mettre en place des gouvernements beaucoup plus compacts, qui pourront s’appuyer sur des Administrations efficaces et pleinement fonctionnelles. En sus de cela, il sera souhaitable de voir comment promouvoir des grands ensembles politiques au détriment de la multiplicité continuelle des partis politiques.

Propos recueillis par Litsani Choukran.

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