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Assemblée Nationale : Rejet de la Pétition contre Aubin Minaku , Leçons à tirer

La Ville de Kinshasa,Capitale de la République Démocratique du Congo, en Afrique centrale, a vibré l’après-midi de ce samedi 21 octobre 2017 au rythme de la séance plénière de l’Assemblée nationale (Chambre des représentants du Parlement congolais).
Depuis le vendredi 20 octobre 2017, une poignée des députés se réclamant tous de l’opposition au régime de Kabila, ont déposé une pétition en vue de la déchéance du président de cette chambre, Monsieur MINAKU Aubin.

La cinquantaine des députés pétitionnaires – qui ne participent plus aux travaux parlementaires depuis quelques semaines avec plusieurs autres membres de l’Opposition – reprochent au président de leur chambre ce qui suit :

1. Violation de la Constitution en ce qu’en sa qualité de patron de la Majorité dirigeante à Kinshasa (Kabila n’étant que l’Autorité morale), Monsieur MINAKU encouragerait ses collègues de la même famille politique (M.P.) à user, voire à abuser des motions incidentielles (sortes d’incidents ou de préalables de procédure) pour étouffer dans l’œuf toutes les initiatives de sanction de l’Opposition dirigées contre les membres du Gouvernement du Président KABILA ;

2. Blocage des initiatives du contrôle budgétaire en vue d’encourager les détournements et la dilapidation des fonds publics ;

3. Manque d’empressement pour rendre public les conclusions des missions d’enquête chaque fois que celles-ci sont en défaveur des membres de la Majorité ;

4. Entraves à la liberté d’expression et au droit à la parole lors des travaux parlementaires ;

5. Blocage des initiatives de lois émanant des députés de l’opposition pour privilégier celles du Gouvernement.

Mais toutes ces charges que l’Opposition fait peser sur Monsieur MINAKU semblent avoir été balayées le samedi 21 octobre au Palais du Peuple (siège du Parlement congolais, au centre de Kinshasa), dans une salle surchauffée, avons-nous appris.

Les députés de la Majorité au Pouvoir qui se sont succédé à la tribune ont repoussé la demande de déchéance de Monsieur MINAKU, leur Chef de fil, par motion incidentielle, en invoquant les raisons ci-après :

1. · Les décisions de rejet par motion incidentielle des motions de défiance et de censure ont toutes été prises par l’Assemblée plénière. Le rôle d’un président de chambre c’est de conduire les débats et de soumettre les questions en discussion aux voix. Et c’est ce que MINAKU a fait ;

· Le droit de faire les motions incidentielles est reconnu à chaque député. Demander au Président d’étouffer les motions incidentielles, c’est lui demander de violer le Règlement intérieur et ce serait anti-démocratique ;

· Lorsque l’Assemblée plénière s’exprime à l’issue d’un vote démocratique, la décision ne peut être imputable à son président. Le grief du mauvais usage des motions incidentielles, s’il en est un, soutiennent les députés de la Majorité, ne peut être imputable qu’à l’Assemblée plénière. Et que la pétition contre son président est à considérer comme une action mal dirigée et vexatoire qui n’obéit qu’à une logique politicienne de déstabilisation des institutions avant le 31 décembre de cette année ;

2. S’agissant de la non activation du volet contrôle budgétaire, le point de vue des intervenants est que les pétitionnaires allèguent leur propre turpitude. Le droit de faire le contrôle budgétaire est reconnu à chaque député, et aucun pétitionnaire, ni aucun député des rangs de l’Opposition ne l’a fait. Les intervenants de la Majorité ajoutent que les pétitionnaires n’ont apporté aucune preuve d’un quelconque blocage d’une initiative de la Commission ECOFIN à ces fins là ;

3. La Majorité a affirmé que contrairement aux allégations des pétitionnaires, les rapports des commissions d’enquête ont toujours été soumis à débat dans la plénière. Le cas le plus emblématique est celui sur la gestion du Fonds de Promotion de l’Industrie (sorte de banque de financement des industriels au Congo) dont le responsable, membre de la Majorité, mis en cause a été démis de ses fonctions par le Président Kabila sur fond des révélations troublantes faites par une Commission d’enquête instituée par MINAKU ;

4. S’agissant de la gestion des débats, les porte-parole de la Majorité ont rappelé que l’Opposition voudrait régner en maître à l’hémicycle de Lingwala (quartier qui abrite le siège du Parlement congolais) jusqu’à chercher à nier au Président de la chambre les pouvoirs que lui reconnait le Règlement intérieur et qui sont classiquement et traditionnellement reconnus à chaque président de séance, de n’importe quelle assemblée (politique, juridictionnelle, confessionnelle, académique, interne ou internationale, publique ou privée). Ils veulent transposer l’anarchie qui règne dans leurs rangs (de l’Opposition) à l’hémicycle. Les députés de la Majorité rappelle que le Président de l’Assemblée nationale tient ces pouvoirs notamment de l’article 29 points 10 et articles 66, 68 du Règlement intérieur ;

5. La Majorité a aussi démonté l’affirmation des pétitionnaires selon laquelle Monsieur MINAKU faisait obstruction aux propositions de lois initiées par les députés de l’Opposition. Ses porte-parole ont même affirmé que Monsieur MINAKU alignait beaucoup plus les propositions de lois des membres de l’Opposition que celles des députés de la Majorité. (Ce qui lui a valu des ennuis de la part des caciques de la Majorité en 2014). Ils ont illustré par des exemples des lois votées par le Parlement et qui étaient initiées par des députés de l’Opposition (Sesanga, Bazaiba, Mayo, Mirindi…). S’agissant du cas de la loi électorale initiée par l’honorable Muhindo Nzangi, un des pétitionnaires, députés controversé du nord Kivu (région est de la R.D. Congo) et qui avait fait la prison avant d’être gracié par Monsieur KABILA, les intervenants de la Majorité ont indiqué qu’il était entrain d’alléguer sa propre turpitude parce qu’à ce jour il a été incapable de rencontrer les remarques lui faites par le Bureau d’études de cette chambre (sorte de cellule d’experts en matière de légistique).
La première leçon à tirer de cette victoire incontestable de Joseph KABILA c’est que sa Majorité parlementaire est confortable et compacte. La deuxième leçon c’est que l’Opposition congolaise, à l’instar de la plupart d’oppositions des pays africains, est immature et souffre sérieusement d’un déficit de stratégie, privilégiant l’exhibition, l’ostentation, les effets spectacles aux vraies actions d’audit du régime de Kinshasa. Ce manque d’intelligence et de concentration est la partie émergée de l’iceberg du manque de perspective et l’absence d’un vrai projet de société alternatif au pouvoir de KABILA.

Les quelques temps de gestion laissés à l’opposition démontré l’absence criante dans leurs rangs d’une expertise capable de faire bouger les lignes dans ce pays- continent d’Afrique centrale ou d’améliorer le vécu quotidien des populations misérables de ce pays béni par la providence.

A force de démontrer à la face du peuple congolais et de la Communauté internationale son immaturité et son manque de profondeur, l’on peut se poser la question de savoir si l’alternance tant réclamée par cette Opposition ne se réduirait pas à l’exercice de déshabiller Saint Pierre pour habiller Saint Paul. Certains analystes du Box Afrique de notre agence, tout en ne soutenant pas la gouvernance de Kabila et tout en décriant ses faiblesses, ont conclu que le peuple congolais avait intérêt à éviter de faire un pas vers l’inconnu avec une Opposition sans substance, sans contenu ni vision pour le Congo et ferait mieux, à l’état actuel de la situation sécuritaire, sociale et économique au Congo, de traiter avec un « diable » qu’il connait qu’avec un « saint » qu’il ne connaît pas…

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