Tribune de Papy Tamba : L’agriculture, selon le PNUD, occupe un peu plus de 70% de la population congolaise. Mais elle ne procure quasiment pas de devises au pays et sa production fiscale est proche de zéro. C’est tout de même un paradoxe qu’il convient de corriger.

Faire de la RDC un grenier agricole, suivant les idées-forces du Président Joseph KABILA dans la révolution de modernité, c’est notamment promouvoir l’agriculture et je ne suis personnellement pas favorable pour des grands projets agricoles dans notre pays. Je pense que nous pouvons prendre le paysan comme épicentre de tout projet agricole à court terme, avant d’envisager des grands projets.

Se concentrer sur le paysan voudrait dire travailler sur la mécanisation de leurs méthodes culturales, par des petites unités de production simples d’utilisation et adaptées aux milieux ruraux.

C’est ici que la régionalisme constitutionnel choisi comme forme d’Etat devrait avoir tout son sens dans ce domaine. Il faudra une coirdination des activités paysannes par entités décentralisées, sous la supervision des élus locaux. Ceci devra-être accompagné par la formation des masses p y donnes à l’esprit d’entreprises, qui fait défaut dans notre pays.

A l’absence de banque agricole ou de fonds de promotion agricole dans notre pays, l’Etat peut développer un partenariat stratégique avec les banques commerciales qui œuvrent déjà dans les milieux ruraux, en injectant des fonds qui serviraient à financer des projets agricoles innovants et rentables. L’Etat chinois le fait déjà avec EXIM BANK.

Devenir une puissance agricole n’est pas que le fait de disposer des potentialités naturelles, mais c’est aussi le fait de posséder un savoir-faire dans la transformation de ce potentiel en produits utiles. Nous devons réhabiliter ou augmenter le prestige de la fonction agricole, afin de vider les grandes villes du trop plein de leurs populations, au profit des milieux ruraux où il y a un problème de densité de la population. Ce savoir-faire ne doit pas faire l’objet d’une politique nationale unique et dont l’inspiration viendrait de Kinshasa. Tout au contraire, il doit provenir de la base et pris distinctement selon les réalités de chaque coin de la république.

Pour ce faire, notre constitution devrait subir quelques modifications. Il y aura nécessité de renforcer le pouvoir à la base, mais surtout de redéfinir la configuration de nos ETD pour limiter les conflits fonciers. A titre d’exemple, les basakata de Bandundu se sentiraient plus proches des basakata de l’Equateur, par rapport aux pendes de Bandundu. Rien que cette conception favoriserait la cohabitation au sein de ceux qui se considèrent comme un seul peuple et ils pourront pratiquer l’agriculture ensemble sans trop de complication. S’il y a un pays en Afrique qui a réussi sa décentralisation dans ce secteur, de mon point de vue, c’est bien le Mali et nous pouvons nous inspirer de son modèle. Notre constituon, à bien d’égard, est contre notre propre développement. Je n’ai jamais compris les raisons qui font que nous tardons à l’adapter à nos propres réalités. S’il faut même la changer, allons-y simplement. La suite dans notre prochaine publication.

Papy TAMBA

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